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Paie au Maroc 2026 : CNSS, AMO, IR sur salaires et SMIG

La paie au Maroc en 2026 : taux CNSS et AMO, plafond de 6 000 dirhams, barème de l'IR sur salaires, frais professionnels, charges de famille, SMIG et échéances.

L'équipe ClientllyMis à jour le 8 min de lecture

À retenir

  • Sous le plafond mensuel de 6 000 dirhams, le salarié cotise 6,74 % à la CNSS (4,48 % de prestations sociales et 2,26 % d'AMO) et l'employeur environ 21,09 % (8,98 %, 6,40 % d'allocations familiales, 4,11 % d'AMO et 1,60 % de taxe de formation professionnelle).
  • Depuis le 1er janvier 2025, le barème annuel de l'IR exonère les 40 000 premiers dirhams de revenu net imposable, puis applique 10 %, 20 %, 30 %, 34 % et 37 % au-delà de 180 000 dirhams.
  • Les frais professionnels sont déduits à 35 % du revenu brut imposable jusqu'à 78 000 dirhams par an, et à 25 % au-delà, dans la limite de 35 000 dirhams par an.
  • Depuis le 1er janvier 2026, la réduction d'IR pour charges de famille est de 600 dirhams par an et par personne à charge, dans la limite de 3 600 dirhams pour six personnes.
  • Le SMIG horaire a été revalorisé de 5 % à 17,92 dirhams début 2026, et l'IR retenu sur les salaires est versé à l'administration fiscale dans le mois qui suit le paiement.
Sur cette page

Au Maroc, l'employeur retient l'impôt sur le revenu (IR) et les cotisations salariales CNSS et AMO (6,74 % sous le plafond de 6 000 dirhams), puis les verse à la DGI et à la CNSS. En plus du salaire brut, il supporte environ 21 % de charges patronales : CNSS, allocations familiales, AMO et taxe de formation professionnelle.

La paie au Maroc en un coup d'œil

ÉlémentRègle en 2026
MonnaieDirham marocain (MAD)
Période de paieMensuelle : cotisations CNSS et IR sont réglés mois par mois
Retenue de l'IRIR retenu par l'employeur sur chaque paiement, selon le barème progressif annuel (0 % à 37 %)
Cotisations salariales4,48 % de prestations sociales (jusqu'à 6 000 dirhams par mois) et 2,26 % d'AMO, soit 6,74 % sous le plafond
Cotisations patronales8,98 % de prestations sociales (jusqu'à 6 000 dirhams par mois), 6,40 % d'allocations familiales, 4,11 % d'AMO et 1,60 % de taxe de formation professionnelle, soit 21,09 % sous le plafond
Salaire minimumSMIG de 17,92 dirhams de l'heure depuis le premier trimestre 2026 ; l'agriculture a son propre minimum, le SMAG
Versement de l'IRL'IR retenu au cours d'un mois est versé à l'administration fiscale dans le mois suivant
Déclaration annuelleDéclaration des traitements et salaires avant le 1er mars
OrganismesDirection Générale des Impôts (DGI) et Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS)

Cotisations CNSS et AMO

La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) recouvre les cotisations de sécurité sociale et l'assurance maladie obligatoire (AMO). Les taux s'appliquent au salaire brut, hors indemnités et allocations exonérées.

CotisationPart salarialePart patronaleAssiette
Prestations sociales4,48 %8,98 %Salaire brut plafonné à 6 000 dirhams par mois
Allocations familialesAucune6,40 %Salaire brut total
Assurance maladie obligatoire (AMO)2,26 %4,11 %Salaire brut total
Taxe de formation professionnelleAucune1,60 %Salaire brut total
Total sous le plafond6,74 %21,09 %

Comme les prestations sociales s'arrêtent à 6 000 dirhams par mois, la part salariale est d'au plus 268,80 dirhams et la part patronale de 538,80 dirhams par mois pour cette ligne ; l'AMO, les allocations familiales et la taxe de formation professionnelle ne sont pas plafonnées. Pour un salaire de 8 000 dirhams, le salarié paie 5,62 % et l'employeur 18,85 % du brut.

Les cotisations salariales CNSS et AMO sont déductibles pour le calcul du revenu net imposable (article 59 du Code général des impôts).

L'impôt sur le revenu (IR) sur les salaires

L'employeur opère la retenue à la source de l'IR sur chaque paiement de salaire (article 156 du Code général des impôts). L'impôt se calcule sur le revenu net imposable : revenu brut imposable, diminué des frais professionnels, des cotisations salariales de sécurité sociale et d'AMO, et de certaines cotisations de retraite et d'assurance.

Frais professionnels : ils sont déduits au taux forfaitaire de 35 % du revenu brut imposable lorsque le revenu brut annuel n'excède pas 78 000 dirhams, et de 25 % au-delà, sans que la déduction puisse dépasser 35 000 dirhams par an. Les avantages en argent ou en nature sont exclus de la base. Certaines professions, comme les journalistes, les représentants de commerce ou le personnel navigant de l'aviation, bénéficient de taux plus élevés.

Le barème depuis le 1er janvier 2025 : la loi de finances 2025 a relevé la tranche exonérée de 30 000 à 40 000 dirhams et ramené le taux marginal de 38 % à 37 %. Le barème de l'article 73 du Code général des impôts 2026 :

Revenu net imposable annuelTauxSomme à déduire
Jusqu'à 40 000 dirhams0 %0
De 40 001 à 60 000 dirhams10 %4 000
De 60 001 à 80 000 dirhams20 %10 000
De 80 001 à 100 000 dirhams30 %18 000
De 100 001 à 180 000 dirhams34 %22 000
Au-delà de 180 000 dirhams37 %27 400

Pour utiliser le tableau, multipliez le revenu par le taux de sa tranche et retranchez la somme à déduire : le résultat est le même que si chaque tranche était imposée à son propre taux.

Charges de famille : l'IR est ensuite réduit de 600 dirhams par an et par personne à charge (conjoint et enfants, dans les conditions de l'article 74), dans la limite de 3 600 dirhams pour six personnes. La loi de finances 2026 a relevé ces montants, qui étaient de 500 et 3 000 dirhams, pour les revenus acquis à compter du 1er janvier 2026.

Ce qui est exonéré d'IR

L'article 57 du Code général des impôts exonère notamment :

  • les indemnités destinées à couvrir des frais d'emploi justifiés, sauf pour les salariés qui bénéficient d'un taux de frais professionnels majoré
  • les allocations familiales, ainsi que les indemnités journalières de maladie, d'accident et de maternité servies par la sécurité sociale
  • la part patronale des cotisations de retraite et de sécurité sociale
  • les bons de nourriture ou d'alimentation dans la limite de 40 dirhams par salarié et par jour de travail, sans dépasser 20 % du salaire brut imposable
  • les indemnités de licenciement et de départ volontaire, dans la limite de 1 000 000 de dirhams au total

Salaire minimum et conditions de travail

SMIG : en application de l'accord social du 29 avril 2024, le salaire minimum interprofessionnel garanti horaire a été revalorisé de 5 % à 17,92 dirhams au premier trimestre 2026, après une hausse de 5 % à 17,10 dirhams en 2025, selon le rapport sur la politique monétaire de Bank Al-Maghrib de juin 2026. Le secteur agricole a son propre salaire minimum, le SMAG. Vérifiez le minimum applicable à votre secteur et à vos salariés mensualisés avant de fixer un salaire.

Autres éléments obligatoires : la durée du travail, les majorations pour heures supplémentaires, la prime d'ancienneté et le congé annuel payé sont fixés par le Code du travail et, le cas échéant, par votre convention collective. Enregistrez précisément les heures et les heures supplémentaires : elles entrent dans le salaire brut sur lequel se calculent l'IR et les cotisations CNSS.

Calendrier mensuel de la paie et déclarations

À l'embauche : affiliez votre entreprise à la CNSS et immatriculez chaque salarié ; la déclaration annuelle des salaires demande, pour chaque salarié, le numéro de la carte d'identité nationale et le numéro d'immatriculation à la CNSS.

Chaque mois :

  • calculez le salaire brut, les cotisations CNSS et AMO et l'IR à retenir
  • déclarez les salaires et payez les cotisations à la CNSS, en ligne sur son portail Damancom ; le Code général des impôts subordonne la déduction des cotisations de retraite à leur versement mensuel à l'organisme
  • versez l'IR retenu sur les salaires du mois à l'administration fiscale dans le mois qui suit (article 174 du Code général des impôts), par exemple l'IR de septembre en octobre

Chaque année : avant le 1er mars, déposez la déclaration des traitements et salaires versés l'année précédente (article 79) : pour chaque salarié, le brut, les indemnités, le taux de frais professionnels, les retenues CNSS et retraite, le nombre de réductions pour charges de famille, le revenu net imposable et l'IR retenu.

Bulletin de paie : remettez chaque mois à chaque salarié un bulletin de paie détaillant le brut, chaque cotisation, l'IR retenu et le net, pour qu'il corresponde à ce que vous déclarez.

Exemple chiffré : 8 000 dirhams par mois en 2026

Un salarié du secteur privé, célibataire et sans personne à charge, perçoit 8 000,00 dirhams brut par mois (96 000 par an, donc des frais professionnels à 25 %). Montants mensuels :

LigneMontant (dirhams)
Salaire brut mensuel8 000,00
Prestations sociales, part salariale 4,48 % de 6 000−268,80
AMO, part salariale 2,26 %−180,80
Frais professionnels pour l'IR seulement, 25 % de 8 0002 000,00
Revenu net imposable (66 604,80 par an)5 550,40
IR (66 604,80 × 20 % − 10 000 = 3 320,96 par an)−276,75
Salaire net7 273,65
Prestations sociales, part patronale 8,98 % de 6 000538,80
Allocations familiales, 6,40 %512,00
AMO, part patronale 4,11 %328,80
Taxe de formation professionnelle, 1,60 %128,00
Coût total pour l'employeur9 507,60

Avec une épouse et deux enfants à charge, l'IR annuel baisserait de 3 × 600 = 1 800 dirhams, pour s'établir à 1 520,96 dirhams.

Erreurs fréquentes

  1. Appliquer le taux des prestations sociales à tout le salaire. Il s'arrête à 6 000 dirhams par mois ; l'AMO, les allocations familiales et la taxe de formation professionnelle, non.
  2. Utiliser l'ancien barème de l'IR. Depuis 2025, la tranche exonérée est de 40 000 dirhams et le taux marginal de 37 %.
  3. Garder la réduction pour charges de famille de l'an dernier. En 2026, elle est de 600 dirhams par personne à charge, dans la limite de 3 600 dirhams.
  4. Appliquer 35 % de frais professionnels au-delà de 78 000 dirhams par an, ou oublier le plafond de 35 000 dirhams.
  5. Verser l'IR en retard. L'IR retenu au cours d'un mois doit être versé dans le mois suivant.
  6. Oublier la déclaration annuelle des traitements et salaires avant le 1er mars.

Notre liste de contrôle de clôture mensuelle vous aide à intégrer la paie dans vos comptes du mois.

Comment Clientlly vous aide

Clientlly ne propose pas de profil de paie intégré pour le Maroc. Un administrateur saisit une seule fois les taux marocains dans les paramètres fiscaux de la paie : les tranches de l'IR, l'abattement, les taux de cotisation salariaux et patronaux et le salaire minimum. Clientlly calcule ensuite le passage du brut au net et les cotisations patronales, et produit les bulletins de paie. Vérifiez le plafond de 6 000 dirhams, les frais professionnels et les réductions pour charges de famille de vos salariés au regard des règles ci-dessus.

Le module RH de Clientlly gère aussi les demandes de congé et leur validation avec un calendrier des congés et centralise les documents RH, et le suivi des présences et du temps enregistre les heures et les heures supplémentaires pour que vous les contrôliez avant la paie.

Questions fréquentes

Combien coûte un salarié à l'employeur en plus du salaire au Maroc ?

Sous le plafond mensuel de 6 000 dirhams, l'employeur paie environ 21,09 % du salaire brut : 8,98 % de prestations sociales, 6,40 % d'allocations familiales, 4,11 % d'AMO et 1,60 % de taxe de formation professionnelle. Au-delà du plafond, les 8,98 % s'arrêtent à 538,80 dirhams par mois et le pourcentage global diminue.

Quel est le SMIG au Maroc en 2026 ?

Le SMIG horaire a été revalorisé de 5 % à 17,92 dirhams au premier trimestre 2026, en application de l'accord social du 29 avril 2024. L'agriculture a son propre salaire minimum, le SMAG.

Quel est le barème de l'IR sur les salaires au Maroc en 2026 ?

Le revenu net imposable annuel jusqu'à 40 000 dirhams est exonéré ; viennent ensuite 10 % jusqu'à 60 000, 20 % jusqu'à 80 000, 30 % jusqu'à 100 000, 34 % jusqu'à 180 000 et 37 % au-delà. L'IR est ensuite réduit de 600 dirhams par personne à charge, dans la limite de 3 600 dirhams.

Quand faut-il verser l'IR retenu sur les salaires au Maroc ?

L'IR retenu sur les salaires payés au cours d'un mois doit être versé à l'administration fiscale dans le mois qui suit. La déclaration annuelle des traitements et salaires est due avant le 1er mars.

Comment sont déduits les frais professionnels d'un salaire au Maroc ?

Au taux forfaitaire de 35 % du revenu brut imposable lorsque le brut annuel n'excède pas 78 000 dirhams, et de 25 % au-delà, avec une déduction maximale de 35 000 dirhams par an.

Sources

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